Claude Ruey Conseiller national
 
 

Sortir le système de santé suisse de ses blocages par des mesures structurelles fortes


10 juin 2009


"Il faut sortir le système de santé suisse de son vaste atelier protégé." Cette phrase n'est pas de moi: on la doit à un expert présent lors des journées vaudoises de la santé de 1995 que Charles Favre et moi organisions - et, quatorze ans plus tard, nous sommes toujours dans le vaste atelier protégé de la santé.
Bien sûr, il faut prendre des mesures à court terme, mais nous devons aussi évaluer les changements de paradigme nécessaires, c'est-à-dire des mesures structurelles fortes que nous devons prendre, qui vont dans le sens de plus de transparence, de plus de responsabilité de chacun des acteurs, de plus de mécanismes autorégulateurs, ceci dans un cadre de liberté et avec des garanties de qualité. Dans ce sens-là, j'ai toujours préconisé - aussi bien en tant que chef du département de la santé du canton de Vaud qu'en tant que président de Cosama ou aujourd'hui de Santésuisse - qu'il fallait que l'Etat soit le garant des soins, le garant de la qualité, de la formation et de la recherche, mais qu'il ne soit pas lui-même le gérant des institutions, le gérant des soins. Alors, outre la réforme du financement des hôpitaux qui prendra effet depuis 2012, il s'agit de prendre des mesures dans trois directions.
Réseaux de soins: développement du rôle des médecins de premier recours, comme on l'a expliqué tout à l'heure; il s'agit de favoriser le passage par un médecin qui suit le dossier d'un patient, en assure la coordination et qui permet ainsi la qualité. Cela doit se faire avec la responsabilité des acteurs concernés, en particulier la responsabilité économique des médecins, et non pas selon un système bureaucratique tel qu'il est préconisé ici ou là. Nous sommes en train de l'étudier en commission.
Un deuxième point est la modification du mode de financement des prestations: figurez-vous qu'aujourd'hui, lorsqu'on est en hôpital stationnaire, l'Etat cantonal paie grosso modo 50 pour cent, alors que pour une même pathologie en ambulatoire hospitalier l'Etat ne paie plus un sou, les coûts étant à la charge de la prime. Ce financement que l'on appelle dual crée de fausses incitations, crée des ruptures de suites de financement qui ne sont favorables ni au patient, ni à l'économicité des traitements; le financement doit changer pour être le même partout, être linéaire - c'est ce qu'on a appelé le financement moniste - si l'on veut éviter les fausses incitations et les gaspillages, il faut l'adopter.
Troisième point: le rapport qualité-prix. L'économicité, l'efficience sera plus grande si on sort des prés carrés cantonaux. Je l'ai dit: l'Etat cantonal doit être garant, mais il ne doit plus être le gérant de ces hôpitaux publics, parapublics qui sont trop nombreux. Il s'agit là aussi de sortir d'un certain fédéralisme sanitaire obsolète, de changer les structures. Et il faudra sans doute beaucoup d'efforts pour y parvenir, car on sait combien il est difficile de revisiter le fédéralisme sanitaire qui, trop souvent, conduit à la défense de son pré carré, qui trop souvent empêche la transparence des coûts et l'efficience.
Réseaux de soins gérés, financements linéaires, décantonalisation des structures obsolètes, voilà trois pistes que nous devons explorer résolument.

   
Claude Ruey

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